Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 17:13

J'ai en charge une patiente greffée pulmonaire depuis 4 jours. Elle se degrade depuis le premier jour. Pendant la relève, j'apprend qu'elle a fait un arrêt cardiaque dans la nuit.

 

Elle n'est pas très stable. Et vers midi, au moment du branchement de la dialyse, elle fait une hypotension à 4 de systolique puis un arrêt cardiaque. Le réa arrive mais aussi toute un flopée d'autres réa et d'interne et de curieux. La chambre est bondée très dure de bosser comme ça.

 

Malgré tout, je prepare les seringues d'adré à la vitesse de l'eclair pendant qu'on la masse. Ca sonne dans tous les sens, l'alarme de la dialyse à l'arrêt, le scope qui sonne asystolie (arrêt cardiaque).

 

Heureusement le réa gère, je me concentre pour nécouter que lui et ne pas me laisser distraire par les commentaires des "observateurs". Mais malgré les drogues son coeur ne repart pas. Alors on appelle les chir vascualire pour pose d'ecmo en urgence.

 

Ils arrivent au bout de 10 min. La cavalerie deballe son materiel, un bloc est crée en moins de temps qui ne faut pour le dire dans la chambre de la malade. Le chir, les pompistes, les infirmières de blocs avec leur chariot, leur instruments...

 

Le chir dit la chose la plus censée "que ceux qui ne font qu'observer sortent de la chambre". Ouf, on peut plus circuler. Hop, le chir incise et en 2 temps, 3 mouvements il pose l'ecmo en ouvrant l'aisne pour inserer les canules dans l'artère et la veine femorale pendant que un trio d'interne se relaie pour masser la patiente toujours en arrêt. Et il faut y aller car pas facile d'operer en arrêt cardiaque, pour reperer les vaisseaux, il faut que le sang circule. Alors on masse.

 

Après la pose de l'ecmo, la patiente recupère lentement.

 

La fille, a vecu en direct le moment dans la salle d'attente. Un des réa l'a tenu informé des evenements. Elle afait un arrêt. Elle a refait un arrêt. On pose une circulation extra corporelle.

 

Elle rentre tremblante dans la chambre mais garde malgré tout espoir.

De notre côté, on commence à se dire que meme si elle recupère, elle a de "belles" semaines de réa devant elle.

Par séverine - La vie d'infirmière - Publié dans : La vie à l'hôpital
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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 16:55

En ce premier janvier 2012, j'ai en charge un monsieur de 60 ans qui a un cancer des cordes vocales traité par radiothérapie de bon pronostic. Il vient pour detresse respiratoire sur probable infection pulmonaire. Il est intubé, puis après traitement par antibiotique, il est extubé et va beaucoup mieux. Il est sortant ce week end mais on a pas de place en service alors on discute avec lui.

 

Il fait parti de la communauté des gens du voyage, il a plein de choses à raconter, on rigole bien avec lui. Comme la réa est calme, on vient discuter avec lui.

 

En ce dimanche matin, il a mal dormi la nuit alors on lui laisse faire la grasse' mat' jusque 9h30 avant de lui faire sa toilette. On lui dit qu'on le mettera au fauteuil vers midi quand sa famille viendra le voir.

 

Vers 12h30, je viens le voir:

"On va vous mettre au fauteuil ok ?

- ouais allons y

- Et si vous êtes sage on vous donnera un fond de verre de champagne.

- Ah je veux bien."

 

Et vraiment, on avait l'intention de lui donner un peu de champagne tellement il allait bien.

Mais 5min après quand je reviens avec le fauteuil, son scope se met à sonner. Je rentre, parfois c'est juste un artefacte. Il "dort", je le secoue et là, je comprend qu'il ne reagit pas, le scope marque fibrillation ventriculaire et c'est vraiment le cas. Ce type de trouble du rythme est comparable à un arrêt cardiaque, le coeur bat tellement vite que les cavités n'ont pas le temps de se remplir et le battement est inefficace.

 

C'est le branle bas de combat, on appelle le réa, on sort le chariot d'urgence, on aintube, je commence à masser. Ma collègue aide soignante prend le relais moi je prepare l'adré. On prend le defibrillateur, on choc, on met encore de l'adré, de la cordarone, du bicar. On masse encore. On tente de poser un KT central et un KT arteriel, le sang arteriel qui sort est noir au lieu de rouge vif.

 

On reanime pendant 45min mais rien à faire, le coeur ne repart pas. On declare le decès. Quel choc, ce n'etait vraiment pas prevu. Le réa pense que la seule explication est qu'il ait bouché son pontage coronarien (datant d'un an), car pour ne pas recuperé alors qu'il a été massé tout de suite c'est forcement un truc massif.

 

Reste à annoncer ça à la famille à qui j'ai dit moi le matin au téléphone "il va très bien on attend une chambre pour lui". C'est l'heure des visites. On leur annonce le decès. C'est l'hysterie.  La femme court vers la chambre, la fille se roule par terre, le fils fait un malaise, l'oncle donne des coups dans le mur.

 

On a du mal à les canaliser. L'infirmière en integration a du mal à gerer, elle a 21 ans et c'est la première fois qu'elle assisste à l'annonce d'un decès. Finalement, la famille rentre dans la chambre. Et ils appelle toute leur communauté.

 

C'est alors qu'entre 25 et 30 personnes debarquent en réa. Ils sont très agressfis car ils veulent emporter le corps. c'est dans leurs traditions sauf que tout corps doit passer par la chambre mortuaire. Or on est dimanche et c'est fermé, il faut donc attendre lundi. Mais devant les menaces proferés par la famille, le réa appelle l'administrateur de garde. Après moulte negociations, on arrive à un compromis.

 

Ils emmène le corps par ambulance à leur charge.

Par séverine - La vie d'infirmière - Publié dans : La vie à l'hôpital
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Jeudi 29 décembre 2011 4 29 /12 /Déc /2011 20:50

Ce matin 7h je prend en charge un malade arrivé dans la nuit suite à une pontage des membres inferieurs. Il faut savoir que ses antecedants medicaux au noveau cardio sont long comme le bras. Il a déjà fait 2 infarctus, a eu un quadruple pontage coronaire, a fait un accident ischemique transitoire au niveau du cerveau, il a fait un choc hemorragique pour lequel il a été embolisé, à les vaisseaux des membres inferieurs tout pourris.

 

Bref il nous a été adressé pour tenter de eboucher les artères des jambes. Malheureusement, l'operation est un echec, ses vaisseaux etant dejà trop fragiles, ils se rebouchent tout de suite.

 

La seule solution est d'amputer sauf que la necrose augmente rapidement aboutissant à la necessité d'amputer au niveau de la hanche, ce qui s'appelle une desarticulation.

 

Il est egalement instable sur le plan tensionnel.

 

Au staff ce matin, medecins :

 

"Arf, il faudrait le presenter au chirurgiens pour voir ce que eux en pensent mais honnetement ça me semble mal engagé.

- Ben il lui faudrait une hemicorps-ectomie pour le sauver

- Ouais mais si faut amputer au niveau du nombril c'est que c'est un peu foutu.

- Mmh, moi j'le presenterais à un prêtre, il serais plus efficace..."

 

Bref, toute la journée le patient se degrade, on arrête les soins, on appelle sa femme. Sauf que en plus du drame du monsieur, le drame de son histoire fait peur. Cet homme a eu une première femme et 2 filles, qui sont mortes toutes les 3 dans un accident ! Il s'est remarié et sa femme actuelle est hospitalisée elle aussi pour un cancer de l'intestin et subit en ce moment, chimio et radiotherapie. Elle arrive tout de meme à obtenir une permission pour venir le voir. Elle est autonome mais a une sonde urinaire, sa morphine dans son sac ! Hop une patiente bis.

 

Mais elle sera donc presente pour son dernier souffle.

 

 

Par séverine - La vie d'infirmière - Publié dans : La vie à l'hôpital
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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 21:09

Encore  pour moi, un patient inscrit sur la liste super U pour la greffe pulmonaire en priorité. Il y est depuis 4 jours et toujours aucun appel de greffe. Il se degrade rapidement.

 

Avec moi nous sommes obligé de l'intuber car il etouffe avec son système dans le nez. Il a dejà l'ecmo depuis son arrivée. A dejà fait un arrêt cardiaque lors de sa pose.

 

Et après son intubation, il se degrade encore, sa tension chute, on le met sous noradré. Il vomit du sang, on retrouve aussi du sang dans ses poumons.

 

Les medecins convoquent tous les pneumologues, chir, chef de service concernés, pour le traditionnel staff ethique en urgence. Doit on le laisser sur la liste de greffe ?

 

Il y a ceux qui sont pour, pour tenter, lui laisser une chance, aquerir l'experience des greffes sur les patients très grave qui de toute façon vont mourir. Et il y a ceux qui sont contre, contre le fait de prendre un greffon qui aurait été à qqn de moins grave et peut etre reussi, contre le fait d'envoyer un patient au bloc alors que personne ne croit en sa guerison.

 

Ce soir là, ce sont ceux qui ont été contre qui auront le dernier mot. On appelle sa famille (qui vient du nord) pour qu'ils viennent le voir car il va se degrader et mourir. On leur annonce son retrait de la liste des greffe car trop grave.

 

Je quitte le service en croisant la famille en pleurs arpentant le couloir de la réa...

Par séverine - La vie d'infirmière - Publié dans : La vie à l'hôpital
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